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Le tourisme entraîne de nombreuses retombées positives sur une économie. Mais il s’accompagne aussi d’effets néfastes à l’environnement et à l’homme. Pour les contrer, voire les éviter, de nouveaux modes de tourisme plus responsables voient le jour. Certaines destinations s’y prêtent davantage que d’autres. Il faut toutefois faire attention aux discours qui embellissent ou dénigrent la réalité derrière ces concepts. Dans tous les cas, quelques gestes permettent de rendre un voyage plus durable et responsable.

Quelles conséquences au surtourisme sur l’environnement et l’homme ?

En 2018, avant la crise du tourisme due à la pandémie de Covid-19, le tourisme international avait rapporté 1 700 milliards de dollars. La même année, on comptait aussi 1,4 milliard de touristes. Mais ce nombre élevé de touristes a des conséquences sur le patrimoine historique et culturel, l’environnement et les populations. 

Au niveau patrimonial, le tourisme de masse provoque une saturation des sites touristiques qui deviennent inadaptés à ces flux. Venise, Bali, Barcelone, Amsterdam, Dubrovnik, Rome, Paris ou les ruines du Machu Picchu sont des exemples de destinations touchées. Transports bondés, surfréquentation et nuisances sonores défigurent ces sites. Ils deviennent également déséquilibrés pour les populations locales. On voit par exemple apparaître des phénomènes de gentrification et de disparition des logements et commerces locaux au profit d’activités touristiques, notamment depuis l’apparition d’Airbnb en 2008.

Le tourisme de masse exerce aussi des pressions sur l’environnement et le climat, avec des conséquences multiples. L’abandon des déchets dans la nature, la surconsommation des ressources naturelles, la pollution accrue de l’eau, de l’air et des sols, la destruction des écosystèmes, le réchauffement du climat et la disparition des espèces en sont les principales. Le tourisme est aussi responsable de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Enfin, il peut altérer la vie des populations locales. Il peut déposséder les peuples de leurs terres, faire disparaître la culture locale et participer à l’émergence d une économie souterraine.

Un voyage durable, est-ce possible ?

Face à de tels dérèglements, les touristes peuvent-ils pratiquer une forme de tourisme alternatif ? L’objectif d’un tel type de voyage serait de voyager en accord avec les objectifs du développement durable. Certains adoptent des comportements plus éthiques, économiquement équitables et plus respectueux de la nature et des populations locales. On voit ainsi apparaître de nouvelles pratiques de tourisme alternatif. On parle par exemple de tourisme « responsable », « solidaire », « écologique », « rural », « participatif » ou encore « social ».

Avec ces nouvelles modes, on voit inévitablement apparaître du côté des entreprises de nouveaux discours et pratiques de greenwashing mais aussi de nouvelles arnaques. Nombre de scandales ont ainsi éclaté au grand jour. Par exemple, des agences de voyage surfent sur la tendance du tourisme durable en proposant des offres en apparence plus vertes que leurs concurrents, comme la plantation d’arbres pour compenser les émissions de CO2 induites. Mais ces actions se révèlent finalement contre-productives et néfastes pour l’environnement. Une autre affaire autour de faux orphelinats du Cambodge, où des établissements avec de faux orphelins spécialement construits pour une clientèle occidentale en quête de voyage humanitaire a éclaté. De nombreux cas d’offres mensongères ou d’arnaques subsistent. Mais quelques indices permettent de s’y retrouver afin de réaliser un voyage de manière réellement durable.

Les labels comme gages de qualité d’un voyage durable

La labellisation ou la certification par un organisme indépendant sont des façons de guider les voyageurs et de les orienter vers un voyage plus responsable. Dans la variété des labels et certifications de tourisme durable, il est important d’en repérer quelques-uns, dont voici des exemples :

Écolabel européen Hébergement touristique de l’AFNORConférée aux hébergements touristiques (hôtels, chambres d’hôte, campings, etc.) européens ayant entrepris des démarches de réduction de leur impact environnemental.
Clef Verte de Teragir.Destinée aux établissements d’hébergement et de restauration du monde entier. Ceux-ci doivent chercher à minimiser leur impact sur l’environnement et sensibiliser les publics sur la préservation des écosystèmes.
AFAQ Ports propres et Ports propres actifs en Biodiversité de l’AFNOR.Délivrées aux ports de plaisance européens engagés dans une démarche de préservation des milieux marins et de sensibilisation à la protection de la nature.
Pavillon Bleu de Teragir.Délivrée aux communes du monde entier. Elles doivent disposer d’un port de plaisance et de sites de baignade cherchant à limiter l’impact de leurs activités touristiques et maritimes sur l’environnement marin.
Cittaslow de Cittaslow International.Délivrée dans le monde entier aux villes et villages de moins de 50 000 habitants qui œuvrent à l’amélioration de la qualité de vie locale, à la protection du patrimoine, des traditions et de l’environnement.
Green Globe de Green Globe Certification.Délivrée aux entreprises du tourisme en reconnaissance de leur engagement en faveur des objectifs du développement durable et inscrites dans une démarche d’amélioration continue.

Quels gestes pour un voyage plus durable ?

En tant que touriste, en plus de choisir des destinations ou des logements labellisés ou certifiés, on peut agir à notre niveau et nous engager dans une démarche durable en adoptant quelques gestes simples.

Réduire son propre impact sur l’environnement et le climat

Il est possible de réduire son impact sur l’environnement et le climat à tous les niveaux du voyage. Par exemple, les transports représentent 70% dans la part des émissions de gaz à effet de serre du tourisme. Il est donc mieux d’opter pour le train plutôt que l’avion si cela est possible. Il s’agit en effet du mode de transport en commun le plus propre . Et s’il est impératif de prendre l’avion, réduire la taille de son bagage est un autre moyen de réduire son empreinte carbone, car un avion lourd consomme davantage de carburant.

De même, une fois sur place, le vélo ou les transports en commun sont à privilégier. En plus d’être moins polluants, ces modes de transports présentent l’avantage d’être moins chers. Pour le logement et la consommation, il vaut mieux se loger dans des hébergements certifiés par les labels ci-dessus ou choisir des établissements qui favorisent le recyclage des déchets ou proposent de la nourriture issue de l’agriculture biologique régionale. En complément, il est important de faire attention à sa propre consommation d’énergie.

Participer à la vie locale

Une autre façon de voyager de manière plus respectueuse consiste à participer à la vie locale. Consommez des produits de proximité, privilégiez les établissements de restauration et d’hébergement locaux et respectez les coutumes, les traditions et les lois en vigueur. Ce sont des moyens de ne pas perturber la qualité de vie des habitants et de préserver le patrimoine historico-culturel et naturel tout en s’immergeant davantage dans la culture du pays ou de la région.

Le slow tourism s’inscrit d’ailleurs dans cette optique. Il promeut des voyages plus longs et davantage axés sur les aspects environnementaux (en privilégiant les mobilités douces et des logements éloignés des grands sites touristiques) et humains (en promouvant l’échange avec les habitants, le recours à des hébergeurs et des restaurateurs de la région, en adoptant leur mode de vie) afin de réellement s’imprégner de la culture locale.

Quelles destinations pour un voyage durable ?

Pour réaliser un voyage de manière durable, de nombreuses destinations sont à privilégier selon la politique de développement touristique durable entreprise par les sites et territoires touristiques, la qualité de vie locale, la surface en zones naturelles, etc. Au départ de la France métropolitaine, nous suggérons les pays suivants : 

France, Belgique, Suisse et Pays-Bas

De nombreuses villes et sites touristiques dans ces pays d’Europe de l’ouest sont certifiés durables (Grenoble, Winterswijk) ou reconnus pour la qualité de vie qu’ils offrent (Berne, Strasbourg, Bruxelles). Cela peut ainsi être l’occasion de planifier un roadtrip responsable en évitant les destinations sous tension, comme les capitales française et néerlandaise, en passant par des paysages naturels magnifiques et variés.

Voyage durable

Costa Rica

Bien qu’accessible uniquement par avion, le Costa Rica est un incontournable des destinations touristiques durables. Il propose de nombreuses randonnées sur les volcans et dans les réserves naturelles ou des activités d’observation de la faune et de la flore tropicale. Le pays fonctionne presque exclusivement avec des énergies renouvelables et mène une sérieuse politique de préservation de ses zones protégées et réserves naturelles.

Voyage durable

Tanzanie

Vaste pays d’Afrique de l’est, la Tanzanie propose de voyager au plus près de la nature. Il donne à explorer son riche patrimoine naturel (parc national de Tarangire, mont Kilimandjaro, cratère du Ngorongoro, etc.), à observer les animaux les plus appréciés de la savane (lion, léopard, éléphant, rhinocéros et buffle) au cours de safaris ou à s’immerger au sein des tribus indigènes afin de partager leur quotidien.

voyage durable

Mongolie

Accessible en train à l’issue d’un long voyage à travers l’Europe du Nord puis la Sibérie, la Mongolie est une destination rarement choisie par les voyageurs. Mais elle regorge d’importantes richesses naturelles (désert de Gobi, vallée d’Orkhon, chaîne de l’Altaï, …) et son intérêt se justifie essentiellement par la possibilité de pratiquer le nomadisme auprès des Mongoliens pour s’isoler du monde et se ressourcer.

voyage durable

En résumé, les conséquences engendrées par le tourisme de masse ne sont pas des fatalités. Il reste tout-à-fait possible de voyager de façon durable sans contrainte. Des astuces permettent ainsi aux voyageurs de voyager dans le respect de la nature et des populations locales. Des indicateurs aident également à différencier les lieux véritablement durables des destinations touristiques saturées et en péril.